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  Interventions et Interviews :  
Vème Forum International de Réalités :"Le Maghreb et l’Europe : une vue à moyen terme" Tunis- Gammarth : 24- 26 avril 2002
Le 26 avril 2002
Allocution de
S.E.M. Habib BOULARES
Secrétaire Général de l’Union du Maghreb Arabe


Je voudrais tout d’abord remercier « Réalités » pour son invitation à participer à son cinquième forum international dont le thème est en rapport direct avec les charges que j’assume depuis moins de deux mois à la tête du Secrétariat général de l’Union du Maghreb Arabe.



Le fait que ce forum se tienne ici, immédiatement après la réunion de Valence (Espagne) où le processus de Barcelone a été relancé, malgré les circonstances tragiques que connaît la Palestine martyre, indique bien la volonté des deux rives de poursuivre les efforts pour promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité de la région méditerranéenne.

J’ai pris part à cette rencontre Euromed et je suis heureux de voir , dans le plan d’action adopté, l’UMA citée nommément comme entité à soutenir par l’ensemble des pays réunis à Valence.

Je reconnais que notre groupement d’Etats manque de visibilité au regard de l’opinion publique qui ressent une profonde déception devant les promesses non tenues depuis la signature du traité de Marrakech le 17 février 1989. Il faudrait néanmoins rappeler que l’Union eut à souffrir d’un gel de ses activités depuis six ou sept ans selon les cas, et tout ce qui a été fait jusqu’au printemps de 2001 a eu pour objectif de maintenir en vie, dois-je dire en survie, cet organisme.

Chaque Etat a continué à soutenir la structure unitaire domiciliée chez lui : l’Instance judiciaire en Mauritanie, le Conseil consultatif en Algérie. Seuls le Maroc et la Tunisie ont continué à contribuer au budget général. Cela traduit, malgré le gel, la volonté de maintenir l’embryon en vie, et cela souligne l’effort admirable déployé par mon prédécesseur, l’ancien secrétaire d’Etat et ambassadeur Mohamed Amamou pour garder le temple ouvert .

Toutes les explications avancées pèchent par trop de généralités. L’affaire du Sahara, la question la plus épineuse, existait déjà en 1989 quand les cinq chefs d’Etat avaient décidé de créer l’UMA ; c’est à dire : qu’ils avaient estimé que l’on pouvait contourner l’obstacle par la dynamique unitaire. Quant aux incidents de parcours ou aux frontières, il y en a toujours eu entre les uns et les autres et n’avaient pas empêché la reprise. Les historiens expliqueront, peut être, ce qui s’est réellement passé. Toujours est-il qu’au printemps 2001, la vie a recommencé à faire bouger les instance de l’UMA.




Depuis treize mois, il s’est tenu vingt quatre réunions de haut niveau : deux Conseils des Ministres des Affaires Etrangères, six Comités ministériels de Suivi, huit Commissions ministérielles spécialisées, six Conseils ministériels sectoriels ainsi que le Conseil consultatif et l’Instance judiciaire.

Vous vous posez la question dans ce forum sur les perspectives à moyen terme ? Je pense qu’il faut partir de ce qui existe aujourd’hui pour faire des estimations correctes. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé de mon devoir de vous informer et d’entrevoir avec vous l’évolution .

Tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais tout n’est plus bloqué. Mon intervention s’articulera ainsi sur trois thèmes ou axes : les vœux, leur mise en forme et les perspectives de réalisation.

Il ne fait pas de doute que le facteur extérieur a joué fortement pour faire sortir l’UMA de sa léthargie. D’abord, je vois le développement des rapports bilatéraux, deux à deux entre les cinq, qui ne pouvaient pas ne pas les conduire à s’interroger sur les conditions de traduire cela dans les rapports à cinq. En second lieu : la pression étrangère, ou disons le poids des relations internationales.

la Tunisie a signé un accord d’association avec l’Union Européenne en 1995, le Maroc en 1998, et l’Algérie, il y a deux jours (22 Avril 2002) à Valence en Espagne, tandis que la Mauritanie était déjà liée à l’Europe par des accords ACP (Afrique Caraïbe Pacifique) . Seule la Libye n’est pas comprise dans ce partenariat, mais les pays de l’UMA n’ont pas cessé de réclamer l’association de ce pays à leurs relations avec l’Europe et la Libye assiste, en observateur à Euromed.

En tout cas, il n’est pas pensable qu’à l’horizon 2010 la majorité des pays de l’UMA soient en ZLE (zone de libre échange) avec l’Europe et qu’ils ne le soient pas entre eux, comme il n’est pas pensable qu’ils soient en ZLE entre eux et que seuls les produits libyens soient exclus des règles des échanges avec l’Europe. Celle-ci doit faire une place à la Libye et c’est l’UMA régénérée et consolidée qui peut l’imposer mieux qu’il n’en a été le cas jusqu’à présent dans les rencontres à 10 (5+5) ou à 27 (Euromed et autres aréopages).

C’est dans ce contexte que fut rendue publique la déclaration dite d’Agadir le 8 mais 2001 entre le Maroc, la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte portant création d’une zone de libre échange entre les pays arabes méditerranéens. Il faut souligner qu’à coté des quatre signataires étaient aussi présents les ministres de l’Algérie et de la Mauritanie, et des délégués de la Libye, de la Syrie, du Liban et de la Palestine.






Comment, devant une telle évolution des esprits, les acteurs de l’UMA ne sentiraient-ils pas la nécessité de mettre en marche et d’accélérer leur propre machine ?

Je dois dire que tous les décideurs que j’ai rencontrés jusqu’à présent ont marqué fermement leur volonté de voir se concrétiser les objectifs de l’Union et leur disposition à accorder aux différentes structures de l’UMA ce dont elles ont besoin pour répondre à l’attente ; l’objectif étant une union solide, concrétisée par des réalisations sur le plan économique, et s’exprimant par des instances sur le plan politique.

Voici donc pour les vœux.

Pour la mise en forme de ces vœux, il est nécessaire de passer par des décisions dont le processus est lent, car jusqu’à présent (le prochain sommet y remédiera peut être), celles ci ne peuvent être prises que par le Conseil de la présidence de l’UMA, c’est à dire par les chefs d’Etat réunis, et à l’unanimité. Il semble difficile de modifier cette règle de l’unanimité, mais il y a de sérieux espoirs de voir les décisions – certaines du moins - déléguées aux différents conseils des ministres et pourquoi pas, à certaines instances.

C’est à la définition statutaire de cette grande réforme que nous sommes actuellement attelés. Le fait que le prochain sommet soit convoqué pour fin juin est un excellent signe et , sans divulguer de secret , le fait que le Comité du suivi ait exprimé nettement ses volontés dans le sens des réformes réclamées nous permet d’espérer leur approbation.

Reste la réalisation.

Nous avons accusé un retard immense par rapport au calendrier d’intégration économique prévu. Mais les instruments sont quasiment prêts. Qu’il s’agisse de la convention concernant la zone de libre échange, des étapes de désarmement douanier, des projets de routes et liaisons trans-maghrébines, de l’harmonisation des régimes fiscaux ou même des études sur les priorités pour l’intégration maghrébine. Les textes afférents sont prêts et ils exigent évidemment une mise à jour et l’engagement des processus d’approbation nationaux. Mais il faut bien dire que nous constatons quelque -disons- retard de la part de certains ministères à répondre, notamment en matière de commerce, de monnaie et de télécommunications. Si l’on veut tirer le meilleur profit du prochain sommet de l’UMA, il faudrait que les ministres des finances ,du commerce, les gouverneurs des banques centrales, les ministres des télécommunications et, pourquoi pas les ministres de l’intérieur, acceptent de se réunir rapidement .


Cela conférait à l’outil unitaire, qu’est le Secrétariat général de l’UMA, des possibilités d’action dont il ne dispose pas actuellement et donnerait, sur le plan des échanges de produits, une manifestation concrète de la marche vers l’union aux yeux de l’opinion publique et des opérateurs économiques .

Ainsi en est-il du texte de la convention portant création de la zone de libre échange. Ce texte était déjà prêt avant 1999. Quand des lueurs d’espoir avaient commencé à indiquer une reprise des activités de l’UMA, il a été révisé, mis à jour avec l’aide de la CNUCED et adressé aux cinq pays membres. Aujourd’hui que les perspectives sont plus nettes, les pays membres ont décidé de réviser ce texte par leurs experts. C’est légitime. Mais pourquoi renvoyer la réunion à fin mai ? Dans le processus actuel, le Conseil des ministres du commerce doit remettre son œuvre à la Commission ministérielle spécialisée de l’Economie et des Finances qui saisira à son tour le Conseil des ministres des affaires étrangères. Or celui-ci se réunit le 18 juin pour mettre la touche finale à la préparation du sommet . Si on manque cette occasion , c’est un nouveau retard d’une année qui s’annonce.

Le Maghreb avance, comme l’eau qui coule sur un terrain cahoteux, en empruntant les itinéraires qui s’offrent. Ainsi, est–il nécessaire d’inclure dans notre perspective l’action de ce qui n’est pas officiel. Le secteur privé prend de l’ampleur avec le développement de l’économie libérale dans nos pays, et là où il ne l’est pas encore, les entrepreneurs franchissent les frontières et marquent leur présence.

Des accords multiples sont conclus dans des domaines insoupçonnés il y a quelques années. Les organisations patronales ainsi que les associations de banques sont déjà engagées dans un processus de coopération maghrébine qui n’attend qu’un signe politique pour se déployer.

Enfin, nous enregistrons un accroissement des activités des organisations non gouvernementales et des associations à caractère social et culturel. L’UMA entend prendre en compte ces activités, les soutenir et les intégrer à sa perspective . Dans l’avenir et quelle que soit l’évolution des régimes politiques, la société civile, le secteur économique privé et les activités de technologie de pointe sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important.

En choisissant à ce forum le thème du Maghreb et l’Europe à moyen terme, vous avez en pensée la ZLE et son horizon 2010. En somme, la question posée reviendrait à dire : où en serait la ZLE en 2005 pour les maghrébins ? La ZLE entre eux et la ZLE avec l’Europe ? pour moi, il n’y a pas que cela, ou disons que l’économie est fonction, non seulement des décisions d’Etat en matière de fiscalité, de barrières douanières et de termes de l’échange, mais également des changements que connaîtront les acteurs de l’économie (avec le développement du secteur privé), du politique (avec le rôle accru de la société civile) du social et de l’international (avec l’ouverture sur le monde).

Essayons tout de même de ne pas nous battre trop la coulpe. Nous avons certes, pris du retard et , certes, c’est de notre faute. Mais l’Europe a mis longtemps à se construire depuis le traité de Rome : dix ans pour établir l’Union douanière en 1968, trente cinq ans pour imposer la véritable libre circulation par le traité de Mastricht en 1992, (toujours mis en accusation par des forces rétrogrades) et quarante cinq ans pour une monnaie unique –l’Euro– en 2002.Et encore, faut-il rappeler que tout cela n’est que géométrie variable. Ni l’espace Schengen, ni l’Euro ne concernent les quinze à la fois, et les différends autour de certaines matières sont légion .

Nous aussi, à l’UMA, nous devrions réaliser une union à géométrie variable pour être réalistes, et tenir compte de situations qui ne sont pas toujours comparables entre les cinq . Nous sommes nombreux à penser que la règle de l’unanimité adoptée à Marrakech a fait du tort à la construction de l’Union, une unanimité dans la prise de décisions et une unanimité dans l’application. Ainsi une convention signée par les cinq n’entre pas en vigueur si elle n’est pas ratifiée par les cinq et appliquée par les cinq.

Peut être faut-il commencer par assouplir ces règles, au moins au niveau de la ratification et de l’application. Sans cette géométrie variable, preuve de réalisme, l’Europe n’aurait pu avancer vers l’Union.

Tirons la leçon de cet exemple et de notre propre expérience, et faisons ce qui est susceptible d’être fait, et entre ceux en mesure de le faire. Ce sera un encouragement aux autres de faire l’effort nécessaire pour atteindre les critères de convergence.

Je n’esquiverai pas, en conclusion, le fait que nos partenaires européens ou américains, souhaiteraient , disent –ils, nous traiter en tant qu’ensemble. D’abord est–ce si sûr ? Certains ne font-ils pas tout pour que cela ne soit pas le cas ?

Et quand bien même ce serait le cas, il faudrait que nous disposions du temps pour atteindre ce stade, quelle que soit notre volonté de réduire les étapes.

Je crois que tous nos ministres, nos acteurs économiques, nos dirigeants d’organisations sectorielles professionnelles, nos animateurs d’associations inter-maghrébines doivent faire preuve de militantisme, car le temps presse : 2010 c’est dans huit ans, autant dire peu de temps ; 2005, c’est demain. Un retard d’une année, c’est beaucoup.

Merci de votre attention .



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