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  Interventions et Interviews :  
M.HABIB BOULARÈS, Secrétaire Général de l'UMA «L'UMA des Etats est en panne»
Le 24 novembre 2005
Excédé ! C’est le moins qu’on puisse dire à propos de M.Habib Boularès, le secrétaire général de l’UMA que nous avons rencontré lors du 17e symposium organisé par le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) à Tunis. Irrité par la situation que traverse l’UMA, il n’a pas versé dans la langue de bois pour établir un constat fort amer.

L’Expression: Une première question, si vous le permettez. Comment se porte l’Union du Maghreb arabe?
Habib Boularès: Cela dépend de ce que vous entendez par l’UMA. Si vous voulez parler des structures d’une organisation créée en 1989, je vous dirais que ces structures souffrent à la fois de leur propre Constitution de départ qui a stipulé dans l’article 6 du traité de Marrakech que seul le Conseil de la présidence de l’UMA a le droit de prendre des décisions mais des décisions prises à l’unanimité.
Comme le Conseil de la présidence ne s’est pas réuni depuis 1994, ses structures sont ankylosées en quelque sorte. Si vous entendez par l’UMA l’ensemble des autorités des pays du Maghreb dans leur coopération, je vous dirais que cette UMA-là existe.
Même qu’elle fonctionne bien. Nous avons une UMA des banques qui regroupe les 65 banques de nos pays, une UMA des assurances, une UMA des médecins, une UMA des chemins de fer, donc plusieurs secteurs et activités qui fonctionnent. La conclusion à tirer de cela est la suivante: chaque fois que la décision a appartenu à des institutions, à des organisations ou à des ensembles professionnels qui ne dépendent pas directement des gouvernements, on a pu constituer une union maghrébine efficace.
Mais chaque fois qu’il s’est agi de mettre d’accord l’ensemble des gouvernements sur une décision politique, nous nous sommes heurtés à ce handicap juridique qui fait que personne ne peut prendre de décisions. Tant que les présidents, ensemble, n’ont pas pris telle ou telle décision, nul ne peut prendre de décision, sauf dans les cas où l’activité n’a pas besoin d’une décision du conseil de la présidence.
Par exemple, lorsqu’il s’agit de lutter contre l’avancée des sauterelles, de la désertification, de résoudre des problèmes vétérinaires transfrontaliers, de déterminer les acquifères transfrontaliers et la manière de les résoudre, de télécommunications, de transport aérien, c’est-à-dire les problèmes pressants ou qui peuvent être résolus au niveau des ministères, alors il n’y a aucun obstacle.
Si on se réfère à nos activités au niveau du secrétariat général, je précise que nous avons beaucoup de travail, mais si nous voulons traiter du développement de l’UMA jusqu’à un marché commun, une union économique, alors, nous avons besoin d’une décision claire et nette de l’ensemble des cinq chefs d’Etat. Nous ne sommes pas arrivés à réunir le sommet.

Pourquoi ?
Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, mais aux cinq chefs d’Etat. Je suis le dépositaire de la décision communautaire. A trois reprises, nous avons préparé le sommet de la manière la plus efficace, mais hélas. Je ne parle pas seulement du travail du secrétariat général, mais aussi celui des ministres des Affaires étrangères, des réunions des secrétaires d’Etat ou des ministres délégués aux Affaires maghrébines qui constituent le comité de suivi de l’UMA. Les sommets ont été préparés de la manière la plus sérieuse.
Deux fois à Alger et le dernier, en mai 2005, à Tripoli. Dans les trois cas, à la dernière minute, ou quelques jours avant, un des pays fait défection. Alors, on se retrouve dans une situation de blocage parce que, juridiquement, nous ne pouvons pas réunir quatre chefs d’Etat parmi 5.

Est-ce toujours le même pays à l’origine de ce blocage ?
Non. En tant que secrétaire général, il ne m’appartient pas de porter des jugements sur le comportement des gouvernements ou des pays. C’est très compliqué car il s’agit d’une suite de réactions. Non, ce n’est pas à moi de parler de ces questions. Ce sont des questions que vous connaissez parfaitement. Vos journaux en ont parlé au fur et à mesure. Je ne parle que des structures de l’UMA.

Les citoyens des cinq pays aspirent à un Maghreb des peuples. Ils en sont très loin, alors...
La conférence de Tanger en 1958 rassemblait des partis politiques. Elle a eu lieu avant l’indépendance de l’Algérie. Ces partis avaient exprimé des voeux, ils n’avaient pas mis sur pied des structures devant concrétiser ces voeux. On a attendu que l’indépendance soit parachevée dans l’ensemble du Maghreb pour parler de ces structures. Mais, après, il s’est révélé qu’il se posait des problèmes urgents dans chaque pays, comme par exemple en Tunisie, les séquelles du colonialisme... Il y avait donc des priorités, alors les gouvernements se sont consacrés à ces problèmes et ont considéré que l’Union viendrait plus tard. Concrètement, en réalité, rien n’a été fait. Observons le cas de l’Europe : l’Union européenne n’a pas été créée, comme on le croit, par le traité de Rome mais en réalité, après une dizaine de traités.
Cela a débuté par la création de l’Oece au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qui avait un but précis, à savoir comment répartir l’aide du plan Marshall. Donc, par ses buts, l’Oece a obligé les pays à la collaboration... Il y a de nombreux traités qui ont préparé le terrain. Puis la création du Conseil de l’Europe, puis du Tribunal européen. Différents organes ont été créés avant d’aboutir au traité de Rome qui a réuni 6 pays seulement. Cela s’est fait progressivement en Europe.
Chez nous, au Maghreb, rien de cela n’a été fait. De plus, ce n’est pas par un coup de baguette magique que l’on peut décider de faire l’Union : pour cela, j’estime qu’il nous faut avancer et préparer le terrain à d’autres accords, traités ou formules intéressant les secteurs économique, culturel, social, etc.
Dans ce contexte, on est venu nous dire que nous n’avons aucun droit de prendre des décisions, conformément au traité de Marrakech... Il n’y a pas d’exemple dans le monde d’une organisation communautaire qui peut avancer sans un certain degré de délégation de pouvoir. Rien. Nous ne réclamons pas une souveraineté politique.
Nous désirons simplement travailler dans les domaines qui nous ont été concédés. Un jour, lors d’une discussion avec l’un des 5 chefs d’Etat, je me suis permis de lui dire: «Mettez-vous d’accord pour nous confier la commercialisation des tomates et laissez-nous travailler».

Il s’était mis à rire. A quelques jours du Sommet, qui était prévu en mai 2005, j’ai demandé à un autre chef d’Etat: «En tant que secrétaire général, je vous demande une réunion de 30 mn. Vous devez me répondre tous à une seule question très simple : que voulez-vous faire de l’UMA? Une union d’Etats? Alors, donnez-nous le top et nous réunirons les commissions nécessaires pour vous exposer les étapes pour une union des Etats. En faire une organisation de coopération économique, donnez-nous le top, alors nous agirons dans ce sens. Ou alors, dites-nous que vous désirez un forum pour des échanges de vue, alors nous ferons un forum». Nous ne pouvons pas continuer dans cet état. Il faut commencer par répondre à ces questions essentielles.
Comment qualifiez-vous cet état?
Un état de paralysie.

L’UMA est-elle en panne ?
Je ne veux pas utiliser des termes catégoriques. Je vous ai décrit une situation très nuancée, je ne peux pas affirmer que l’ensemble de l’UMA est en panne. J’ai donné des exemples pour signifier que cela fonctionne bien dans certains domaines. Mais l’UMA des Etats, oui, elle est en panne.

Les peuples attendent beaucoup de l’UMA et se posent des questions. Des événements importants se sont produits au Maghreb sans que l’UMA réagisse. Par exemple, en ce qui concerne la Mauritanie...
On ne veut pas entendre la voix de l’UMA. Je me suis déplacé à Nouakchott en compagnie du ministre libyen des Affaires étrangères, immédiatement après. Nous avons pris contact avec le nouveau pouvoir.
Au retour, j’ai adressé un message aux cinq gouvernements pour leur exposer la situation. J’y suis revenu, il y a 3 semaines. En Mauritanie, il existe aujourd’hui 37 partis politiques qui se sont constitués. Il y a dix jours, une commission nationale mauritanienne a entamé des travaux consacrés à l’introduction de réformes. Nouakchott vit une transformation et nous ne pouvons pas préjuger des résultats.


Quelles sont, selon vous, les actions urgentes à mener au sein de l’UMA?
Au niveau des structures officielles de l’UMA, l’action la plus urgente à mener concerne l’organisation des institutions, la réforme des structures de l’UMA. Avec l’aide du comité de suivi, j’ai présenté des projets de réforme depuis plus de 2 ans. J’aimerais bien que ces projets soient discutés ou amendés. La deuxième chose la plus urgente consiste à organiser la coopération économique et ouvrir totalement les frontières.
Il n’est pas possible d’avancer dans la construction de l’UMA avec une frontière fermée entre le Maroc et l’Algérie. Il s’agit d’actions urgentes. A mon avis, le reste découle de cela. L’idée de la réforme des structures est simple : nous réclamons qu’un certain pouvoir soit accordé au conseil des ministres, à l’instar de ce qui se passe dans l’Union européenne et que ce conseil ait les prérogatives de prendre des décisions et de les faire appliquer.
Mais tant que seuls les chefs d’Etat peuvent prendre des décisions, et en plus réunis et à l’unanimité, évidemment tout le processus est bloqué. Hélas, je n’ai rien à ajouter.
Par exemple, nous n’arrivons pas à mettre sur pied la banque d’investissements prévue dans les structures parce que le comité des ministres des Finances n’arrive pas à se réunir. Cela n’est pas normal.

Amine BOULENOUAR

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