Accueil   |   L'UMA   |   Conventions et Accords   |   Réunions  |   Presse   |   Statistiques   |   Galerie Photos   
  Contact | Plan du site | Liens utiles | FAQ عربي | English 
  Cabinet du Secrétaire général
Biographie
Mot Secrétaire général
Interventions et Interviews
Activités

  Secrétariat général
Organigramme
Liste Diplomatique
Communiqués
Accord de siège
Objectifs et Missions
        Objectif et Missions
        Programme d'activité
        Objectif et Missions
        Programme d'activité
        Objectif et Missions
        Programme d'activité
        Objectif et Missions
        Programme d'activité
        Objectif et Missions
        Programme d'activité
        ONGS
  Evénements Marquants

  Convertisseur de monnaie

  Météo

Tripoli
Tunis
Alger
Rabat
Nouakchott
  Interventions et Interviews :  
Symposium : LA VILLE ET L’EAU, DEMAIN EN MEDITERRANEE
Le 26 septembre 2002
L’Institut Méditerranéen de l’Eau

Symposium : LA VILLE ET L’EAU, DEMAIN EN MEDITERRANEE

Marseille , 26 septembre 2002



Symposium :

LA VILLE ET L’EAU, DEMAIN EN MEDITERRANEE



Mesdames, Messieurs,

Il me plaît, tout d’abord, de remercier, au nom de l’Union du Maghreb Arabe, l’Institut méditerranéen de l’eau, et à sa tête le Président Monsieur Mohamed Ben Blidia et le Vice Président Monsieur Loïc Fauchon, ainsi que Monsieur Hachmi Kennou, le Secrétaire Général, pour l’invitation qui m’a été adressée de prendre part à ce symposium sur le thème " La ville et l’eau, demain en Méditerranée", à Marseille, porte de la France sur la Méditerranée, ville chargée d’histoire et ayant le redoutable privilège d’être autant cité des rives nord et est que de la rive sud de "mare nostrum "

Il m’est agréable aussi de saluer l’ensemble des participants, avec des considérations toutes particulières à mon ami Monsieur le ministre Lassâad Ben Osman, Président d’honneur de l’Institut et illustre référence maghrébine dans le domaine de l’hydraulique, en souhaitant plein succès à nos travaux.

Ma présence à ce symposium témoigne de notre volonté de renforcer la coopération régionale dans le domaine de la protection de l’environnement et de la gestion rationnelle des ressources en eau pour assurer le développement durable de notre région. Sans nul doute, cette rencontre permettra-t-elle d’échanger utilement les connaissances, les politiques et de mieux connaître les expériences et les mesures prises par les pays riverains. Amener nos éminents experts, à approfondir les débats sur les questions d’approvisionnement des villes méditerranéennes en eau potable, d’assainissement et de recyclage des eaux usées, conférerait, sans nul doute, à cette rencontre une importance toute particulière, compte tenu du caractère d’urgence que revêtent ces problèmes dans certaines villes du Maghreb.

Monsieur le président,

De même que certains pays africains, ceux de l’Union du Maghreb Arabe sont considérés comme pays à pénurie d’eau et connaissent aujourd’hui une situation de "stress hydrique ". Selon une étude réalisée en 1998 dans le cadre d’un projet régional d’étude des changements climatiques, le capital annuel en eau par habitant, nous disent nos experts, est estimé à 700 m3 et devrait baisser jusqu’à 500 m3 environ après les années 2025 .

La région du Maghreb , toujours selon cette même étude, accuse une sensibilité très forte aux changements climatiques dont les impacts se manifestent notamment par :

- l’accroissement de la vulnérabilité des ressources en eau et l’exacerbation des conflits classiques entre population , agriculture et industrie,

- une détérioration de la qualité de l’eau douce (salinité),

- la succession des périodes de sécheresse …

Face à cette situation, aggravée par le phénomène d’urbanisation massive, les politiques adoptées ces dernières années traduisent une prise de conscience de la fragilité de la région, ainsi que de la nécessité de la mise en œuvre de mesures devant satisfaire les besoins en eau des citoyens, tant dans les villes que dans les agglomérations rurales, et correspondre, en même temps, aux exigences du développement durable.

Ces politiques et actions se sont traduites notamment par :

- l’élaboration et la mise à jour des textes législatifs et réglementaires portant sur la protection des ressources en eau, autant que sur sa tarification et sa gestion L’ensemble de cet arsenal juridique constitue « le code de l’eau », en vigueur dans les pays maghrébins.

- le développement d’une approche d’aménagement des bassins versants pour limiter l’érosion des sols et ses conséquences. On peut citer à cet égard les projets de Gafsa Nord en Tunisie, celui de Allal El Fassi et d’Aït Ayoub au Maroc et celui de Oued Sahout en Algérie dont les études ont été soumises, en janvier 2002, par l’UMA à la Banque Mondiale pour co-financement.

- la mise en œuvre de politiques d’éducation, de sensibilisation et de vulgarisation, en utilisant notamment les techniques de diffusion collective audio-visuelles. Les résultats des expériences tunisienne, marocaine et algérienne dans ce domaine sont probants.

- la réalisation d’importants programmes de mobilisation et de distribution d’eau à travers la construction d’environ 250 barrages dont plus de la moitié sont de taille importante. Certaines expériences ont été également menées pour la mise en place de dispositifs susceptibles de préserver les nappes, notamment dans les régions arides caractérisées par une évaporation trop élevée. Exemple : le projet du système aquifère partagé par l’Algérie, la Tunisie et la Libye initié avec l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS).

- l’établissement en cours d’une carte des ressources en eau de l’Afrique du Nord, en collaboration avec l’Organisation africaine de cartographie et de télédétection et l’Observatoire du sahara et du sahel. Une deuxième rencontre est programmée, à cet effet, fin septembre à Alger.

- la réalisation d’importants réseaux de distribution pour desservir aussi bien les villes, qui ne cessent de s’étendre, que les agglomérations rurales, avec des efforts assidus pour irriguer les périmètres agricoles. Les interventions du Fonds de Solidarité Nationale (dit 26-26) en Tunisie pour l’alimentation en eau potable des zones reculées, méritent d’être mentionnées.

Il y a lieu, aussi, de souligner les efforts déployés par la Libye pour la réalisation de grands projets de pompage de l’eau souterraine des régions du Sud et son acheminement vers le Nord, en vue de répondre, par ce grand fleuve artificiel, aux besoins et de la population citadine et de l’agriculture.

D’autres efforts maghrébins gagneraient à être soutenus, notamment dans le domaine de dessalement des eaux. En effet, les cinq pays du Maghreb Arabe ont déjà des expériences très encourageantes dans ce domaine.

C’est que le dessalement de l’eau de mer devient aujourd’hui une solution techniquement possible au niveau des pays de l’UMA. Son développement reste cependant tributaire du prix de revient au m3 produit qui pourrait atteindre quatre fois le coût des eaux conventionnelles.

Il y a lieu également de rappeler que la croissance urbaine et le développement de l’activité industrielle ont conduit à la multiplication, dans certains pays maghrébins, de stations d’épuration des eaux usées. C’est le cas en Tunisie et au Maroc, avec des débuts très encourageants en Algérie. Cette réserve pourrait fournir des quantités alimentant le circuit économique notamment pour le tourisme, les activités industrielles , l’arboriculture et le fourrage …. Des cahiers de charges fixant les modalités de réutilisation des eaux épurées sont élaborés notamment en Tunisie et au Maroc, pour éviter toute contamination des produits agricoles et des nappes.

Il s’agit ainsi d’identifier les ressources en eau sur le plan quantitatif et qualitatif afin de dresser le bilan des quantités potentiellement disponibles, de se rendre compte des disparités éventuelles entre l’offre et la demande et de constituer une base de données en vue d’un emploi rationnel de ces ressources, voire de relier les pays en fonction de leurs disponibilités diverses.

Aussi, des pratiques agricoles nouvelles ont-elles tendance à se développer en exploitant la ressource en eau de façon plus rationnelle par le recours à l’irrigation par aspersion ou par micro-irrigation.

Enfin, rappelons les recherches menées par les centres spécialisés au Maghreb, tel que l’Institut des régions arides à Médenine en Tunisie, pour la promotion de cultures mieux adaptées au contexte hydrique.

Monsieur le président,

La fragilité de la région du Maghreb au regard de la ressource en eau et l’importance de cette dernière dans toute politique de développement durable ont amené les dirigeants de l’UMA, pour ne pas hypothéquer l’avenir des générations futures, à définir rapidement, par les instances maghrébines appropriées, une stratégie et à engager des actions multiformes susceptibles d’assurer la préservation d’une ressource qu’on croyait inépuisable. Il s’agit en fait d’accorder la priorité absolue à la question de l’eau dans les programmes de développement à l’échelle nationale et maghrébine.

La similitude des problèmes de la gestion et de l’utilisation de l’eau dans les pays de l’UMA a conduit nos pays à se doter, dès 1992, d’une « charte maghrébine sur l’environnement et le développement durable » qui a accordé une importance capitale à l’eau. Dans ce cadre, et considérant la rareté de ces ressources, les Etats de l’UMA se sont engagés à ce qui suit :

- assurer une consommation d’eau en quantité nécessaire et adéquate pour répondre aux besoins en eau potable et en eau pour l’irrigation, l’industrie et le tourisme.

- veiller à protéger les ressources en eau menacées par la surexploitation sous toutes ses formes.

- préserver les nappes aquifères non renouvelables ( y compris les nappes partagées) en en assurant une exploitation rationnelle dans le cadre d’une coopération entre les Etats membres de l’UMA .

- oeuvrer pour une exploitation rationnelle des eaux à l’intérieur des Etats de l’UMA et leur conservation.

- assurer le traitement des eaux usées ménagères et industrielles et prévoir leur réutilisation dans le respect des normes sanitaires.

Ces orientations se sont traduites, tout récemment, par les décisions de mise en place d’un Conseil ministériel maghrébin chargé des ressources en eau et de l’irrigation et d’un Conseil maghrébin chargé de l’environnement et du développement durable. Ces instances seront appelées à définir une politique commune de préservation et de gestion rationnelle des ressources en eau.

Monsieur le président,

La rapidité de la croissance de la population citadine dans les villes riveraines de la Méditerranée, et notamment au Maghreb, nécessite, à notre sens, la mise en œuvre d’une stratégie visant d’une part, à assurer un approvisionnement régulier en eau à des prix raisonnables pour répondre aux besoins actuels et futurs de la population et, d’autre part, à inverser les tendances actuelles à la dégradation et à l’épuisement des ressources.

Il conviendrait :

- de garantir à tous les citadins au moins 40 l/j d’eau salubre et de les faire bénéficier de services d’assainissement.
- d’appliquer les normes quantitatives régissant l’évacuation des rejets.

Monsieur le président,

Notre réunion d’aujourd’hui dans la cité phocéenne, qui se tient juste après le Sommet de Johannesburg, nous permet de nous rendre compte des modestes dispositions prises par ce sommet, en dépit des doléances des pays du sud brillamment exposées à cette occasion, dans les discours et messages de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, Son Excellence le Président Bouteflika et Son Excellence le Président Ben ALI. Ce sommet a bien considéré que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, pourrait être amélioré par un partenariat public-privé. Encore faut-il pouvoir le réaliser à un coût abordable pour les usagers. Soyons tout de même optimistes, tout en en mesurant les difficultés

Dans ce même ordre d’idées, le président de la Commission européenne a confirmé également que l’Europe est fermement résolue à atteindre, avec ses partenaires, l'objectif de réduction de moitié du nombre de personnes qui n'ont pas en Afrique accès à l'eau potable et à l'assainissement. La coopération euro-méditerranéenne n’en sera que plus confortée.

Monsieur le président,

Les rencontres telles que la nôtre, constituent un cadre propice pour l’échange d’informations et de solutions pratiques entre les pays méditerranéens dont font partie ceux de l’Union du Maghreb Arabe. L’Institut méditerranéen de l’eau peut jouer, à juste titre, un rôle clé dans ce domaine, compte tenu de sa riche expérience. Ces réunions offrent également l’opportunité de renforcer, au delà des ensembles structurés, la coopération régionale nécessaire à la compréhension d’une problématique qui représente un défi à toute l’humanité.

C’est le moment de nous montrer tenaces pour réaliser davantage de progrès dans cette voie. Le premier champ d’application étant la Méditerranée, c’est plus particulièrement en Afrique et au Maghreb que l’Europe devra réaliser le partenariat global environnement-développement. Le phénomène de la concentration démographique dans les agglomérations urbaines au Maghreb, requiert la consolidation du partenariat méditerranéen dans ce domaine.

En résumé, le Secrétariat général de l’UMA demeure convaincu de l’urgence d’une coopération renforcée pour la préservation et l’utilisation rationnelle de la ressource en eau. La nécessaire adhésion de l’ensemble des acteurs de la société à toute politique de gestion durable de cette ressource reste une exigence primordiale. Nous y croyons fermement.



HABIB BOULARES

Secrétaire général de l’UMA

  Autres interventions :

Toutes les interventions  
10/11/2016 :
Taieb Baccouche et Abderraouf Tebourbi Ensemble pour un partenariat entre l'UMA et l'Université Européenne de Tunis

04/02/2010 :
Habib Ben Yahia, Secrétaire général de l’UMA, «Le Maghreb est là, la cadence est lente mais...»

20/02/2009 :
Parler d’échec de l’UMA est, à mon sens, excessif

23/05/2008 :
Maghreb 2030 dans son environnement Euro méditerranéen et dans la perspective de l’Union pour la Méditerranée

19/01/2008 :
Réunion sur la mobilité des capitaux en Afrique du Nord

11/09/2007 :
Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification

02/12/2006 :
21ème session des journées de l’entreprise

26/05/2006 :
SYMPOSIUM: " LE COUT DU NON MAGHREB" Madrid, 24-26 mai 2006

24/11/2005 :
M.HABIB BOULARÈS, Secrétaire Général de l'UMA «L'UMA des Etats est en panne»

25/02/2005 :
L’UMA ET LE PROCESSUS DE BARCELONE

Recherche

Avancée

Lettre d'informations
Pour recevoir la lettre d'informations mensuelle de l'UMA veuillez s'inscrire
Forums
Participez aux forums de l'UMA
Bibliothèque
Calendrier
Etudes et publications
AVIS APPEL A CANDIDATURE SERVICES DE CONSULTANT INDIVIDUEL
    Sg.uma@maghrebarabe.org             73, Rue Tensift Agdal Rabat - Maroc         Tél: +212 537 6813 71/72/73/74         Fax: +212 537 681 377
Par 3wDev.ma