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  Interventions et Interviews :  
Hannibal : Carthage, Carthagène, Rome - Présentation de M. Habib BOULARES
Le 29 mai 2003
Club Hannibal
Madrid, 29 mai 2003

Hannibal : Carthage, Carthagène, Rome

Présentation de
M. Habib BOULARES


Hannibal : Carthage, Carthagène, Rome


Hannibal, ce personnage central de l’histoire essentielle, celle qui fait et défait les empires et les civilisations, héros pour les uns ou monstre pour les autres, chef de guerre admiré ou craint, victorieux ou contesté dans l’usage fait de son triomphe, ce personnage, néanmoins méconnu, est arrivé jusqu’à nous au travers du prisme de ses adversaires.



Aucune biographie de ses historiographes, aucun de ses propres écrits que l’on dit nombreux, aucune de ses plaques commémoratives apposées au cours de son parcours célèbre, aucun souvenir indiscutable ne nous sont parvenus. Même son aspect physique nous reste, pour sûr, inconnu. Nous n’avons que deux exemplaires de buste à lui attribués, celui du musée de Naples et celui des ruines de Volubilis, mais ils sont différents l’un de l’autre. Lequel est le bon ? Peut être aucun des deux si l’on se référait aux caractéristiques physiques de son père et de son frère selon les pièces de monnaie frappées à leur effigie.

Et pourtant ce personnage a existé, et comme Homère, il est devenu une légende. Ses adversaires n’ont pas effacé sa trace. Peut- être parce que malgré la crainte qu’il leur a inspirée, ils l’admiraient. Peut être aussi étaient-ils fiers d’avoir triomphé d’un si grand homme. Sinon comment expliquer que Hannibal soit un prénom donné en Italie et ailleurs dans le monde latin, et jamais dans son pays natal, même sous une forme islamisée qui serait Hannallah, ou arabisée qui serait Hani-Bel ?

Cet Hannibal, né à Carthage en 247 av J.C peut tout aussi bien être revendiqué par Carthagène, capitale d’un royaume punique d’Iberia qui devait tout aux Barcides, famille du héros, rendue célèbre par son père Amilcar. Arrivé en Espagne à neuf ans (certains disent à quatorze ans), il ne revit sa terre natale qu’à l’âge de quarante-quatre ans soit après une longue absence.

Il est vrai que, sur ces trente ou trente cinq ans d’absence il a passé seize en Italie. Cela n’en fit pas un italien pour autant, même si l’Italie de l’époque comprenait des populations très diverses non encore latinisées. Neuf ans à Carthage (de -247 à –237), dix-neuf ans en Espagne (de –237 à –218) , seize ans en Italie (de –218 à –203), sept ans à Carthage (de –202 à –195), treize ans d’errance (de –195 à -183), voilà la vie de cet homme qui mourut avant d’achever sa soixante quatrième année. Il était né punique, je dirais plutôt carthaginois, car s’il est vrai que le mot punique désigne les phéniciens d’occident, dans sa famille, on semble avoir contracté des mariages avec des femmes numides (c.à.d. amazighs ou berbères), comme d’autres familles puniques de Carthage. Les mariages se faisaient d’ailleurs dans les deux sens : une, au moins, de ses sœurs fut donnée à un prince numide. Il épousa, lui, une princesse ibérique en Espagne et il en eut un garçon. Cet héritier carthago-ibérique disparaît dans l’histoire. On ne connaît pas son sort. Dommage. C’était un lien de chair et de sang avec l’Ibérie.

Carthagène, cette fille de Carthage, fut une création –disons un choix– de son beau-frère, Asdrubal, mari d’une autre de ses sœurs. C’est à lui qu’il succéda en -221 à vingt six ans, lorsque Asdrubal au pouvoir depuis la mort d’Amilcar en -228, fut assassiné par un soldat gaulois pour des raisons, dit-on, personnelles. Hannibal n’avait alors que vingt-six ans, mais il allait montrer des capacités guerrières extraordinaires. Il est vrai qu’il fut déjà auprès de son beau-frère, le chef de la cavalerie, autrement dit, premier lieutenant du chef des armées, et qu’il partageait la vie des soldats depuis qu’il avait quatorze ans (c’est d’ailleurs à cause de cela que certains auteurs considèrent qu’il n’est arrivé en Espagne qu’à cet âge-là). Et c’est de Carthagène, sa capitale, qu’il partit pour la guerre contre Rome en -218.

Les péripéties de la guerre sont longuement racontées dans les livres d’histoire. Le mien n’échappe pas à la règle. Aussi n’abuserais-je pas du peu de temps qui m’est imparti pour dérouler devant vous ce film. Parti de Carthagène au printemps de 218 av J.C., il franchit les Pyrénées, non sans peine, y laissa ses engins et une partie des ses troupes, avança vers le Rhône, évita les troupes romaines, s’allia à des Gaulois et franchit les Alpes. Cet épisode qui frappa l’imagination des anciens fut considéré comme un exploit herculien parce que c’était la première fois, croit-on, qu’une armée le réalise. Encore faut-il préciser qu’il y perdit la moitié des effectifs arrivés avec lui au bord du Rhône.

Une fois dans la pleine du Pô, dans la région de Turin, c’est l’extraordinaire film des batailles qui commence à dérouler ses fastes et ses horreurs : Taurini, Tessino, Trebia, Trasimène après le passage des marais de la basse vallée de l’Arno et Cannae (ou Cannes) sur les bords de l’Ofonte.

Après cette marche glorieuse qui donna le vertige à ses meilleurs lieutenants dont Maherbal (auteur de la fameuse apostrophe sur un général qui sait remporter des victoires mais ne sait pas en profiter), ce fut le commencement de ce qu’on appellerait aujourd’hui une guerre d’usure, des deux côtés, de 216 à 203 av J.C.: treize années durant lesquelles à travers les hauts et les bas d’une fortune capricieuse Hannibal couvrit la totalité du sud de l’Italie.

Et c’est autour de cette période que se développent les divergences entre les auteurs . Pour ma part , je soutiens qu’il n’a pas reçu les renforts qu’il réclamait et qu’exigeait une situation d’occupation de fait où les populations locales réclamaient des garnisons pour les protéger. Abandonné par Carthage, Hannibal fut secouru par ses frères : Asdrubal qui mourut à la bataille du Metauro en 207 av J.C. et Magon qui fut blessé grièvement à la bataille de Milan en -205 et mourut sur le chemin du retour, par mer, vers Carthage. Mais la guerre s’était déjà déplacée sur le territoire africain après la perte de l’Espagne en -206. Hannibal rentra dans son pays natal en -203. La guerre était finie, après une suite de batailles perdues par les chefs carthaginois au nord de la Tunisie d’aujourd’hui et gagnées par Scipion qui acquit le surnom d’Africain. Hannibal fût néanmoins rappelé sous les armes l’année suivante parce que la trêve fut rompue, et perdit la bataille de Zama : un massacre en vérité qui devint fameux parce que cet affrontement fut le seul perdu par Hannibal dans l’histoire.

La guerre prit alors réellement fin, mais notre héros avait encore des performances à réaliser : il dirigea Carthage une année, en tant que Suffète, équivalent de Consul romain. Il fut trahi en -195. Sur le point d’être livré aux Romains, il s’en alla en Orient finir sa vie en -183, non sans avoir été conseiller auprès d’Antiochos, en Syrie et en Asie mineure, puis de Prusias en Bithynie.

Hannibal le stratège fut amplement analysé et commenté. Hannibal le gouvernant, roi en Espagne, souverain en Italie, suffète à Carthage, beaucoup moins. Conseiller d’Antiochos, il ne fut pas écouté comme il ne fut pas écouté par sa patrie. Mais il gagna l’estime de ses adversaires, qui perdura. On dit qu’il fut aussi essayiste, urbaniste et architecte, mais nous n’avons gardé aucun témoignage concret de cela.

Il mourut noblement, se suicidant sur les bords de la mer de Marmara, après avoir été cerné par des ennemis à la solde des Romains en 183 av J.C.

Pour un homme de cette époque, soixante-quatre ans c’était une longue vie. Dans son cas, elle fut bien remplie. Trahi par Carthage, par Antiochos, par Prusias, nous aurions souhaité garder quelques lignes de lui. Dans cette ultime retraite de la mer de Marmara à quoi pensait-il ? Quel souvenir gardait-il ? On a beaucoup parlé de Capoue, mais j’affirme qu’il n’y goûta aucun délice. Il préférait d’ailleurs un autre coin sur l’Adriatique. Il eut sûrement une pensée pour Rome, l’implacable ennemie qu’il écrasa à Cannes et qui lui fit subir son unique défaite à Zama. Peut être aurait-il dû essayer de la conquérir ? Puis-je me permettre de supposer qu’il pensait avec nostalgie à Carthagène, où il était heureux, souverain, père d’un enfant et mari d’une princesse ibère ? Après tout c’est une ville qui ne l’avait pas trahi et qu’il quitta à la tête d’une formidable armée, tout auréolé de prestige.

Carthage était sa terre natale. Carthagène était sa capitale. Et, de fait, il fit l’histoire de Rome, puisque c’est à partir de cette guerre que l’empire romain commença à se dessiner, couvrant toute l’Italie et la majeure partie de l’Espagne et l’Africa, d’abord, et s’ouvrant la route de la Grèce, ensuite.

Cette seconde guerre entre Carthage et Rome fut appelée par les Anciens: la guerre d’Hannibal. Sans rien ôter au mérite du personnage central, on pourrait tout aussi bien l’appeler : la naissance de l’Empire romain.


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