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Le Président Ben Ali : «L’UMA, un choix stratégique pour la Tunisie et une soupape de sûreté pour la région»

Date: 27/02/2009
Source: Al Maghreb Al Mouwahad
Dans une interview au premier numéro de la revue «Al Maghreb Al Mouwahad», Ben Ali:
«L’UMA, un choix stratégique pour la Tunisie et une soupape de sûreté pour la région»

Le premier numéro de la revue indépendante d’informations générales, «Al Maghreb Al Mouwahad», éditée en Tunisie par la maison d’édition du Maghreb arabe vient de paraître.


Le Chef de l’Etat affirme dans cet entretien que l’Union du Maghreb arabe (UMA) est un choix stratégique, pour la Tunisie et pour les peuples de la région, et une soupape de sûreté dans le contexte des mutations et des changements qui se produisent aujourd’hui dans le monde et face auxquels les pays de la région ne peuvent agir, à partir d’une position d’initiative et d’action, ...

Dans une interview au premier numéro de la revue «Al Maghreb Al Mouwahad», Ben Ali:
«L’UMA, un choix stratégique pour la Tunisie et une soupape de sûreté pour la région»
Le premier numéro de la revue indépendante d’informations générales, «Al Maghreb Al Mouwahad», éditée en Tunisie par la maison d’édition du Maghreb arabe vient de paraître.
La couverture de ce premier numéro est illustrée d’un portrait du Président Zine El Abidine Ben Ali qui a accordé une interview exclusive à ce nouveau-né de la presse tunisienne.
Le Chef de l’Etat affirme dans cet entretien que l’Union du Maghreb arabe (UMA) est un choix stratégique, pour la Tunisie et pour les peuples de la région, et une soupape de sûreté dans le contexte des mutations et des changements qui se produisent aujourd’hui dans le monde et face auxquels les pays de la région ne peuvent agir, à partir d’une position d’initiative et d’action, que s’ils sont unis et solidaires.
La revue consacre un large espace pour évoquer le processus d’édification maghrébine, notamment depuis la création de l’UMA, et les réalisations accomplies sur la voie de la mise en place de ses structures et institutions.
Elle donne un aperçu général de la «Déclaration de Marrakech» et des conventions et protocoles maghrébins.
Ce premier numéro comprend, également, des dossiers sur «L’Europe et la région maghrébine», «Le partenariat entre la Turquie et le Maghreb», «L’administration Obama et l’avenir des relations entre les Etats-Unis d’Amérique et le Monde Arabe», ainsi que des entretiens avec des responsables des différents pays maghrébins et des analyses se rapportant aux acquis réalisés dans le cadre de l’UMA et aux perspectives de l’Union maghrébine.
Le comité de rédaction, présidé par M. Ismaïl Boulehya, compte, parmi ses membres, plusieurs personnalités nationales.
• L’édification du Maghreb arabe, un impératif historique et une nécessité vitale et déterminante pour nos peuples
• La Tunisie est résolue à redoubler d’efforts pour concrétiser l’option maghrébine en coopération et en coordination avec ses frères
• L’UMA est notre choix et notre soupape de sûreté dans le contexte des mutations et des changements qui se produisent aujourd’hui dans le monde
• Avancer par étape ne veut pas dire avancer lentement, mais plutôt aller de l’avant, à pas étudiés et selon des étapes précises
• Pour nous, le développement du commerce bilatéral pose un jalon important sur la voie de la construction d’une zone maghrébine de libre-échange

La revue «Al Maghreb Al Mouwahad» a publié, dans son premier numéro, une interview du Président Zine El Abidine Ben Ali dans laquelle le Chef de l’Etat affirme, notamment: «le Maghreb est notre choix et notre soupape de sûreté», ajoutant que «les pays maghrébins se trouvent confrontés à des défis intérieurs et extérieurs qu’ils ne pourront relever qu’au moyen de l’unification des rangs et de la conjonction de efforts de tous».
En guise d’introduction à cette interview, la revue écrit en substance: «En préparant la publication de cette revue, nous avons formé un vœu. Nous avons estimé que la meilleure manière d’inaugurer ce nouveau projet médiatique ambitieux qui s’intéresse à la question maghrébine, serait de publier une interview exclu-sive du Président Zine El Abidine Ben Ali dont l’appui et l’accord ont été déterminants dans la naissance de ce nouveau média.
Aussi, est-il de notre devoir d’exprimer nos remerciements au Président de la République qui n’a pas hé-sité un moment à nous accorder cette interview. Il est aussi de notre droit d’être fiers et d’exprimer notre profonde considération au Chef de l’Etat pour nous avoir accordé cet entretien marqué par la franchise, la clarté et le réalisme ainsi que par la richesse des idées, des informations, des positions et des visions pros-pectives.
Le Président Ben Ali a souligné dans cette interview l’impératif d’accélérer la mise en oeuvre des accords conclus entre les cinq pays de la région, relevant que le ralentissement de l’application de ces accords et de la réalisation de la complémentarité économique ont fait que les peuples de la région ont manqué la chance d’améliorer les taux de croissance de leurs pays, partant de sa profonde conviction que le non-Maghreb a un coût économique et politique.
Le Chef de l’Etat s’est, également, déclaré convaincu que la mondialisation commande l’établissement d’un groupement maghrébin solide.

Voici le texte intégral de l’interview du Chef de l’Etat:

- Question: Excellence, Monsieur le Président, vous assurez constamment que l’édification du Maghreb constitue, pour la Tunisie, un choix stratégique irréversible. Quelles sont, selon vous, Monsieur le Président, les étapes indispensable qu’il faut entreprendre pour concrétiser ce choix?
- Réponse: Nous avons la conviction inflexible que l’édification du Maghreb Arabe est un impératif his-torique et une nécessité vitale et déterminante pour nos peuples. Car, nos pays maghrébins se trouvent tous confrontés à des défis intérieurs qu’ils ne pourront relever qu’au moyen de l’unification des rangs et de la conjonction des efforts de tous.
L’édification de l’Union du Maghreb Arabe est, pour nous, un choix stratégique qui illustre les ambitions de complémentarité et d’unité de nos peuples. Nous sommes fiers de notre appartenance maghrébine, autant que soucieux d’impulser la coopération maghrébine aux plans bilatéral et multilatéral, et attachés à conforter notre union, à compléter ses structures et à dynamiser ses institutions.
Depuis le Changement du 7 Novembre, nous nous sommes préoccupés d’accorder à nos relations in-tra-maghrébines l’attention qu’elles méritent, et d’oeuvrer à pérenniser un climat fraternel qui aura favorisé la communication et l’interaction entre la Tunisie et les autres Etats maghrébins. C’est dans ce cadre que notre pays a ratifié toutes les conventions conclues entre les pays de l’UMA, en ayant la conviction que les facteurs conjoncturels ne constituent pas un obstacle entravant leur mise en œuvre. La Tunisie s’est, en outre, employée à renforcer les relations de fraternité et de complémentarité entre les peuples de la région maghrébine, et à consolider leurs liens de solidarité et de fraternité, en vue de donner l’impulsion souhaitée à notre action maghrébine commune.
Le volet économique étant, à notre sens, l’un des fondements essentiels de la construction de l’ensemble maghrébin, nous avons oeuvré en permanence à favoriser les échanges commerciaux, à harmoniser les poli-tiques économiques et à encourager les initiatives bilatérales en matière de coopération, en tant que con-fluents enrichissants et supports solides pour l’action commune maghrébine.
Nous avons pris envers nous-mêmes l’engagement de faire de l’UMA un pôle économique agissant. Pour nous, le développement du commerce bilatéral pose un jalon important sur le chemin de la construction d’une zone maghrébine de libre-échange, celle-là même qui constitue l’un de nos objectifs centraux. Ceci outre la réalisation des grands projets maghrébins qui revêtent une importance majeure dans la dynamisation du processus maghrébin et la réalisation de l’intégration et de la complémentarité des pays de la région.
Dans ce contexte, nous prenons acte avec profonde satisfaction, de l’évolution continue des échanges commerciaux de notre pays avec l’ensemble des pays maghrébins frères. Ces échanges ont ainsi totalisé, pour les dix premiers mois de l’année 2008, un montant de 3,6 milliards de dinars, contre 2,8 milliards de dinars en 2007.
Cependant, ces chiffres, malgré leur importance, restent bien en deçà de nos ambitions. Aussi conti-nuons-nous d’oeuvrer à les promouvoir pour contribuer à développer le tissu commercial et économique maghrébin.
Nul doute que tout progrès en direction de la construction de l’ensemble économique maghrébin unifié, est de nature à mieux immuniser les économies de nos pays et à accroître leur compétitivité, ce qui ne pourra que profiter à l’impulsion de l’emploi et au renforcement du développement social de notre région.
Dans le souci d’élargir l’aire de la construction de l’UMA, sur la base des affinités et liens solides de fra-ternité et de solidarité qui unissent les peuples de la région, nous avons renforcé les organisations populaires et autres organisations de la société civile et structures non-gouvernementales, et les avons encouragées à contribuer de manière active à la concrétisation de ce choix. Ceci en plus des efforts que nous avons concen-trés sur les projets qui ont un impact direct sur la vie des citoyens, afin de conforter en eux le sentiment d’appartenance à un ensemble unifié, de consolider la crédibilité de l’UMA et de consacrer sa portée straté-gique.
La Tunisie qui célèbre, de concert avec les autres pays maghrébins, le vingtième anniversaire de l’UMA, est résolue à redoubler d’efforts pour concrétiser l’option maghrébine, en coopération et en coordination avec se frères. Elle continuera d’œuvrer, avec une foi intangible et une détermination inflexible, en vue de présenter des initiatives destinées à dynamiser l’action maghrébine commune pour que l’UMA puisse occuper la place qu’elle mérite aux plans régional et international et traiter sur un pied d’égalité avec les autres entités régionales. En cela, la Tunisie est animée de la volonté sincère d’assurer toutes les chances de réussite à ce processus, de consolider ses acquis et d’enrichir ses réalisations, pour répondre aux aspirations des générations à venir.

- Question: Deux décennies se sont écoulées depuis la fondation de l’Union du Maghreb Arabe. Com-ment évaluez-vous, Monsieur le Président, la progression de l’UMA? Et quelles sont les perspectives d’avenir et la manière dont pourrait être impulsée la construction de l’ensemble maghrébin en direction d’horizons prometteurs?
- Réponse: La proclamation de la naissance de notre Union du Maghreb Arabe a concrétisé l’aspiration de nos peuples à l’intégration et à la complémentarité, et a exprimé une foi commune en les impératifs découlant des mutations internationales, et en la nécessité d’évoluer au diapason de l’esprit d’une période marquée par l’émergence d’ensembles régionaux capables de construire leur propre puissance pour pouvoir engager un dialogue sur un pied d’égalité et coopérer de manière constructive avec les divers autres ensembles.
Bien que notre processus maghrébin ait eu à connaître quelques à-coups, du fait de certains facteurs con-joncturels, cela ne doit pas nous faire perdre de vue la vérité que représentent les grandes étapes parcourues depuis la proclamation de la naissance de l’UMA et, en premier lieu, les structures politiques et les institu-tions qui sont mises en place en la matière.
Dans ce cadre, maintes réalisations maghrébines ont été mises en place dans de nombreux secteurs vitaux. A cet égard, nous formons le souhait de voir la création imminente de la Banque maghrébine d’investissement et de commerce extérieur donner l’impulsion souhaitée au processus d’intégration écono-mique des pays de la région. Ceci en plus du rôle dévolu au secteur privé, après la création de l’Union maghrébine des hommes d’affaires et la réactivation de l’Union maghrébine des agriculteurs. Ce qui ne pourra que favoriser la concrétisation de la complémentarité économique et l’instauration de relations de coopération et de partenariat entre les acteurs économiques maghrébins, et stimuler l’initiative privée.
Il nous appartient, dès lors, de ne ménager aucun effort pour mettre en œuvre les conventions et accords maghrébins, afin que l’entité maghrébine unifiée voie le jour, dans ses dimensions politiques, économiques, sociales et humaines, et que nous puissions passer à une autre étape, celle de la suppression des obstacles qui subsistent.
Nous avons grand espoir, et un souci constant, que nous partageons avec nos frères les dirigeants des pays de notre région, de parachever les attributs de l’unité de l’ensemble maghrébin, et de poursuivre la construction de l’Union, quelles que soient les difficultés qui se dressent sur son chemin.
L’UMA est notre choix et notre soupape de sûreté, dans le contexte des mutations et des changements qui se produisent, aujourd’hui, dans le monde et face auxquels nous ne pouvons agir à partir d’une position d’initiative et d’action, que si nous sommes unis et solidaires.

- Question: Excellence, Monsieur le Président, quel est, selon vous, le coût qu’implique pour les Etats de la région, le retard enregistré dans la concrétisation de l’UMA?
- Réponse: Tout retard enregistré dans le parachèvement de la construction de l’UMA implique un coût à plus d’un niveau.
Ainsi, au plan politique, il n’échappe plus à personne que la non-émergence d’un ensemble maghrébin puissant et cohérent réduit la capacité de faire face aux mutations profondes et rapides qui se produisent, aujourd’hui dans le monde, et dont les Etats ne peuvent isolément relever les défis. De nos jours, en effet, il n’est de place dans l’espace universel mondialisé que pour les entités unies et bien soudées. Car, la stabilité des Etats, leur invulnérabilité et leur bien-être sont tributaires, dans une large mesure, de leur degré d’intégration dans leur environnement.
Au plan économique, les chiffres et les indicateurs démontrent que l’absence d’intégration économique maghrébine fait perdre, aux pays de la région, l’occasion de réaliser un taux de croissance annuel de 2%, à l’heure où s’aggravent les enjeux du développement et s’accentuent les pressions, au niveau de chaque pays maghrébin, tout particulièrement en matière d’emploi et surtout d’emploi des jeunes. En outre, le taux des échanges commerciaux entre les Etats membres reste faible, n’excédant guère plus de 4% du volume total des échanges avec l’extérieur.
Et si ce ne sont là que les principales composantes du coût économique du retard enregistré dans la cons-truction de l’UMA, un diagnostic plus complet implique aussi le coût politique, lequel réside dans le carac-tère limité de l’influence régionale et internationale de l’ensemble maghrébin, dès lors que la non-intégration affaiblit notre pouvoir de négociation avec les autres ensembles.
Nous comprenons les raisons objectives qui sont à l’origine du piétinement actuel. Nous comprenons, également, que l’évolution graduelle est requise pour garantir l’intégrité de l’édifice et sa pérennité. Toute-fois, avancer par étape ne veut pas dire avancer lentement, mais plutôt aller de l’avant, à pas étudiés et selon des étapes précises.