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l'UMA un choix stratégique incontournable

Date: 16/04/2010
Source: MAP
La création de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) est un acquis historique qu'il faut préserver et un choix stratégique incontournable dans la région maghrébine, a souligné, jeudi à Oujda, le secrétaire général de l'Uma, Habib Ben Yahya

L'édification de l'Union du Maghreb Arabe est un choix stratégique incontournable dans la région maghrébine qui constitue un trait d'union entre l'Afrique et l'Europe et qui possède deux façades maritimes, un marché potentiel et d'importantes ressources économiques, a indiqué M. Ben Yahya à l'ouverture d'un colloque sur «Les dynamiques des réformes dans les pays de l'Uma».

Dans une allocution lue à son nom, il a réaffirmé que l'aspiration à la réalisation du rêve de l'unité maghrébine est toujours vivante chez les peuples de la région, mettant en avant les relations humaines, géographiques et civilisationnelles et les intérêts mutuels entre les Etats du Maghreb.

Notant que le coût de la non-intégration économique maghrébine, qui se traduit par une perte de 2% du taux de croissance du PIB, est «énorme pour les pays du Maghreb», il a estimé que l'intégration économique va permettre aux pays de l'Union de renforcer leur capacité de négociation avec les autres groupements internationaux, de promouvoir les investissements étrangers et de développer la production et sa commercialisation.

«Il y a dans ce sens une ferme conviction, à tous les niveaux, de l'impératif de la création d'un espace maghrébin qui traduit la solidarité effective entre ses Etats et garantit leur développement économique et social. Le but étant de faire progressivement de cet espace un pôle de développement, de sécurité et de stabilité dans l'Afrique du nord et dans le bassin Ouest de la méditerranée», a-t-il encore souligné.

Il a, par ailleurs, mis l'accent sur les efforts déployés par les pays de l'Uma notamment dans les domaines de l'éducation et de l'enseignement, de la formation, de l'emploi et de la santé afin de permettre au citoyen maghrébin de bénéficier des différents services de base dans un espace maghrébin stable qui préserve sa dignité et son identité civilisationnelle et le protège contre les dangers de la pauvreté, du chômage, de l'extrémisme, du terrorisme, de l'immigration clandestine et du crime organisé.

De son côté, le représentant régional de la Fondation Hanns Seidel, Jurgen Theres, a fait remarquer qu'au cours de ces deux dernières décennies, chacun des pays du Maghreb a, à des degrés divers, initié de nombreuses réformes dans de nombreux domaines pour se hisser aux standards internationaux et s'inscrire dans une logique de modernisation et de développement.

Toutes ces réformes ont principalement eu pour objectif le renforcement des valeurs de l'Etat de droit et de démocratie, a-t-il dit, mettant l'accent notamment sur les avancés réalisées par le Maroc en matière d'implication de la femme dans la vie politique.

Déplorant la faiblesse des échanges commerciaux entre les Etats maghrébins qui se situent en dessous de 2% de leurs échanges extérieurs, il a indiqué que «la création de l'Uma, il y a 21 ans, avait fondé beaucoup d'espoirs qui n'ont jusqu'à présent malheureusement pas porté les fruits escomptés».

«Dans un ensemble régional partageant tant de caractéristiques communes, cette situation nous apparaît paradoxe», a-t-il relevé, notant que la forte participation de représentants des cinq pays de l'Uma au colloque d'Oujda démontre que «l'idée d'un ensemble maghrébin est vivace et ne demande qu'à s'exprimer dans toute sa plénitude».

Pour sa part, Yahya Abou El Farah, directeur de l'Institut des recherches africaines, a souligné que ce colloque international, qui est à sa deuxième édition, se veut un espace de dialogue et de discussions entre universitaires et intellectuels sur des thématiques de grande priorité, faisant savoir que cette édition réunit une quarantaine de participants dont une vingtaine venant d'Algérie.

«Cette forte participation reflète l'attachement de la communauté universitaire maghrébin à la constitution de l'Uma comme un espace vital et stratégique pour le devenir de cette région», a-t-il dit, affirmant qu'il est «certain que le non-Maghreb est une perte sur le plan économique mais aussi un handicap pour le renforcement des relations interuniversitaires et la participation de la recherche scientifique au développement socio-économique du Maghreb».

Initiée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d'Oujda et l'Institut des études africaines de l'Université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, ce 2e Forum scientifique maghrébin (15-16 avril) est axé sur les réformes entreprises par les pays de l'Uma ces dernières décennies, notamment dans les domaines politique, économique et social.

«La dynamique des réformes dans les pays de l'Uma dans ses dimensions nationale, maghrébine et internationale», «Le rôle de l'Uma dans le lancement et l'appui aux réformes» et «L'intégration et l'implication des sociétés civiles dans le processus des réformes» figurent au centre des débats.

Les discussions porteront également sur «L'aspect documentaire des réformes dans l'espace maghrébin», «Les réformes dans la recherche scientifique, académique et universitaire», «Le financement des réformes, entre les ressources propres et la coopération internationale bilatérale et multilatérale», ainsi que sur «les réformes et la conjoncture internationale».