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La construction du Maghreb au centre d'un débat à Tunis [29/11/2008]
Source: presse canadienne


TUNIS — les perspectives de l'Union du Maghreb arabe (UMA) ont été au centre d'un débat contradictoire samedi à Tunis à l'occasion du cinquantenaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Les gouverneurs des banques centrales des cinq pays du Maghreb ont participé à cette réunion à laquelle étaient également présents le vice-président de la Banque européenne d'investissement Philippe de Fontaine-Vive et le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

Dans un plaidoyer lu par le gouverneur de la BCT Taoufik Baccar, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a estimé que la construction maghrébine représentait "un choix stratégique face aux profondes mutations économiques mondiales". Mais cet enthousiasme a été quelque peu temporisé par les parties marocaine et algérienne, voire libyenne.

Le processus d'intégration de l'Union du Maghreb arabe (UMA) qui regroupe la Tunisie, l'Algérie, la Libye, le Maroc et la Mauritanie, butte sur le conflit du Sahara Occidental opposant Rabat à Alger.

Dans son adresse, le chef d'Etat tunisien a préconisé la mise en oeuvre d'une série de mesures économico-financières pour favoriser l'intégration maghrébine. A ses yeux, il s'agit de promouvoir les échanges commerciaux entre les pays de la région qui ne dépassent pas actuellement les 2%. L'objectif est aussi de faciliter les moyens de financement du commerce extérieur, d'harmoniser les systèmes de paiement et les législations bancaires et financières et de stimuler l'investissement privé.

Il a, à cet égard, appelé à l'entrée en exercice de la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur, qui tarde à voir le jour.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Algérie, Mohamed Laksaci, a lui estimé que "l'intégration des économies des pays du Maghreb, pour autant qu'elle soit aujourd'hui une nécessité", constituait "un processus long et complexe pour être viable et bénéfique pour tous".

Afin de contourner les entraves auxquelles se heurte l'UMA, son collègue marocain, Abdellatif Jouahri, a lancé l'idée de faire démarrer le Maghreb économique à deux ou trois pays, sans les citer, en attendant que les autres rejoignent le train.

Pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale libyenne, Farhat Ben Guedara, dont le pays préside l'UMA, a déploré "l'absence de progrès" dans l'édification de cette entité, en louant néanmoins "les excellentes relations tuniso-libyennes", le volume annuel des échanges entre les deux pays étant passé de un à quatre milliards de dollars en quelques années.