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Les premiers jalons de l’infrastructure financière commune au Maghreb [08/06/2007]
Source: le matin

L’Union des banques maghrébines (UBM) a tenu le 6 juin à Nouakchott son assemblée générale. Des représentants d’une soixantaine de banques et de structures financières des cinq pays maghrébins (Algérie, Maroc, Libye, Mauritanie et Tunisie), ont participé à cette rencontre au sommet, au cours de laquelle Othman Benjelloun, président du GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc) et président de la BMCE Bank, a été élu président de cette instance. Intervenant en cette occasion, M.Benjelloun devait faire valoir que le secteur bancaire est le seul à même de représenter « le fer de lance de l’intégration maghrébine », que la communauté des affaires ne cesse d’appeler de tous ses vœux, afin qu’un destin « commun puisse être choisi et non pas subi ».
Pour le président du GPBM, « l’expérience éprouvée de financiers, d’entrepreneurs, d’industriels, vécue par certains d’entre nous, nous conforte dans l’idée que sceller des intérêts communs, multiplier les échanges humains, favoriser les implantations réciproques, offrir des services transfrontaliers, mutualiser les infrastructures techniques comme celles de négociation ou de compensation, collaborer entre opérateurs et institutions de marchés tels que les dépositaires, les Bourses de valeurs ou les associations professionnelles, représente les premiers jalons de l’infrastructure financière commune au Maghreb, pouvant aboutir, à plus ou moins long terme, sur une union monétaire et une monnaie unique ».
Ces mises en commun d’intelligences, de moyens humains et matériels de la part des banques dont la gouvernance est de type privé, quelle que soit la nature publique ou privée de leur actionnaire, pourront avoir raison des entraves "non économiques" sur lesquelles les banquiers et les financiers n’ont pas vraiment prise. Certes, a-t-il expliqué, les systèmes bancaires (maghrébins Ndlr) sont à des stades de développement différentiés, mais ils peuvent, sur un horizon déterminé, converger. « Notre commune volonté, au sein de l’UBM, pourrait être plus forte pour nous affranchir de nos réserves, de nos attitudes de prudence, compte tenu des exigences d’un contexte régional qui fait subir, à nos économies, des coûts : le coût du non Maghreb économique, le coût de la désunion économique et monétaire ». Selon M. Benjelloun, 85 millions de Maghrébins attendent qu’enfin, leur horizon dépasse l’horizon national et ne soit plus condamné au renoncement ou à l’exil. « On devrait se sentir partout chez soi, qu’on se trouve à Tripoli ou à Tunis, à Rabat, Alger ou à Nouakchott.
Nouakchott, où nous sommes réunis aujourd’hui et qui, j’espère, sera le premier signal d’un sursaut de notre communauté bancaire en faveur de l’intégration financière de notre cher Maghreb », a-t-il affirmé. Pour rappel, l’UBM a été créée en décembre 1990 à l’initiative des présidents des banques des cinq pays du Maghreb. Organisme régional, à but non lucratif, cette instance compte actuellement soixante membres statutaires et prévoit d’élargir l’adhésion aux établissements financiers résidant dans les pays du Maghreb : fonds et sociétés d’investissement, sociétés de leasing, de factoring, de monétique…
Objectifs de l’Union
Les activités de l’UBM s’insèrent dans les objectifs fixés par l’Union du Maghreb arabe (UMA) et ont pour mission principale, au niveau maghrébin, de renforcer la coopération et l’intégration bancaire et financière. Il s’agit notamment d’étudier toutes les questions relatives aux activités bancaires et financières et de faire des recommandations aux autorités de régulation. L’instance œuvre aussi à l’uniformisation et à l’harmonisation du cadre légal et organisationnel de l’activité bancaire et financière.
Autre axe privilégié : promouvoir et consolider les relations professionnelles avec les institutions bancaires et financières régionales et internationales. Une démarche d’autant plus judicieuses qu’il faut dire que les banques maghrébines commencent à s’imposer dans le paysage bancaire africain.
Sur les 50 premières banques en Afrique, 18 banques maghrébines totalisent, en terme de bilan, 121,5 milliards de dollars, soit 21 % du total. Le Maroc est en tête au Maghreb avec 9 banques qui totalisent 70 milliards de dollars, suivi de l’Algérie avec 5 banques et 40 milliards de dollars et en troisième position la Tunisie avec 4 banques qui totalisent 11, 5 milliards de dollars.